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Léguer autrement

Quel est exactement le rôle de testament.be?

Notre mission est avant tout de rendre accessibles les informations juridiques sur la rédaction d’un testament en faveur d’une ou plusieurs associations. Ce sont des questions qui peuvent paraître complexes et qui touchent à quelque chose de très personnel. Notre rôle est donc d’informer et d’accompagner les personnes qui envisagent cette démarche, afin qu’elles puissent prendre leurs décisions en connais-sance de cause et en toute sérénité.

Valérie Denis, co-directrice de testament.be

Qui sont aujourd'hui les personnes qui envisagent de léguer à une association?

Le profil a beaucoup évolué. Autrefois, les candidats au legs étaient souvent des personnes célibataires, sans enfants et disposant d’un certain patrimoine. 

Aujourd’hui, le public est beaucoup plus large. Des personnes qui ont des enfants souhaitent également consacrer une partie de leur patrimoine à une cause qui leur tient à cœur, tout en respectant évidemment la part réservée à leurs héritiers. L’idée qu’un legs philanthropique serait réservé à un profil très particulier ne correspond donc plus vraiment à la réalité. 

"Des personnes qui ont des enfants souhaitent également consacrer une partie de leur patrimoine à une cause qui leur tient à cœur"

A quel moment de la vie commence-t-on généralement à y réfléchir?

Beaucoup de personnes rédigent leur testament vers 65 ou 70 ans, mais certaines commencent à s’interroger beaucoup plus tôt, parfois dès la quarantaine. Il n’y a finalement pas d’âge idéal. 

Ce qui importe, c’est de réfléchir à ce que l’on souhaite transmettre et à la manière dont on veut le faire. Préparer son testament permet justement de décider sereinement de ses volontés plutôt que de laisser ces questions en suspens. 

S’informer avant de rédiger son testament permet de mieux anticiper ses volontés et leur transmission. 

Comment accompagnez-vous concrètement les personnes intéressées?

Nous proposons d’abord un guide gratuit, disponible en version papier ou digitale et actualisé chaque année par un cabinet d’avocats spécialisé en successions. Les informations juridiques y sont vulgarisées afin d’être accessibles à tous. Nous disposons également d’un helpdesk juridique gratuit. Des experts peuvent accompagner les candidats testateurs et même se rendre à leur domicile. Ils peuvent examiner avec eux leur patrimoine, la répartition entre les différents bénéficiaires ou encore la part qu’ils souhaitent éventuellement consacrer à une ou plusieurs associations. 

Nous proposons aussi des capsules vidéo qui répondent aux questions les plus fréquentes. 

Avec les bonnes informations et en étant bien accompagné, ce n’est pas si compliqué.

Comment choisit-on l'association à laquelle on souhaite transmettre quelque chose?

C’est une démarche très personnelle. Chacun a ses propres sensibilités et ses propres valeurs. Certains sont particulièrement touchés par la recherche médicale, d’autre part la cause animale, la protection de l’enfance, les droits humains, l’environnement, la culture ou encore la coopération au développement. Notre guide présente les associations membres afin de permettre à chacun de mieux les connaître. 

Nous pouvons également mettre une personne en relation avec différentes associations. Nous partons de ses valeurs et lui proposons plusieurs organisations correspondant à ses critères. Elle effectue ensuite son choix de manière totalement indépendante. Nous ne choisissons jamais à sa place.

Certaines causes sont-elles davantage soutenues que d'autres?

Oui. La santé reste particulièrement présente dans les choix des candidats au legs. La Fondation contre le cancer reste indétrônable. Viennent ensuite Médecins Sans Frontières et, du côté néerlandophone, Kom op tegen Kanker. 

Mais cela ne signifie évidemment pas que les autres causes ne mobilisent pas. Les sensibilités sont extrêmement différentes d’une personne à l’autre et c’est précisément pour cette raison qu’il existe une grande diversité d’associations. 

Il y a vraiment une cause qui peut correspondre aux convictions de chacun.

Faut-il disposer d’un patrimoine important pour qu’un legs à une association ait du sens ?

Absolument pas. C’est probablement l’une des idées reçues les plus tenaces autour du legs philanthropique. On imagine encore souvent qu’il faut posséder une fortune ou transmettre des montants considérables. 

Or, on n’a pas besoin d’être millionnaire pour faire un petit geste pour le secteur associatif et le monde de demain. Chacun peut agir à la mesure de ce qu’il possède et de ce qu’il souhaite transmettre. Ce qui compte avant tout, c’est la volonté de soutenir une cause qui nous tient à cœur et de lui permettre de continuer à agir dans le futur.

Téléchargez l'article complet, paru dans l'hebdomadaire 7 Dimanche le 13.09.2026